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Les bonnes sources d’info pour débattre du lancer de soupe à la tomate contre un tableau de Van Gogh

Les bonnes sources d’info pour débattre du lancer de soupe à la tomate contre un tableau de Van Gogh

Vous avez sans doute vu les images tourner, autant que la polémique. Des activistes de « Just Stop Oil » ont jeté de la soupe à la tomate sur les « Tournesols » de Van Gogh avant de se coller au mur avec de la glu pour retarder l’intervention des policiers. Objectif : se donner de la visibilité pour protester contre les actions gouvernementales en faveur du développement l’industrie pétrolière au Royaume Uni. Le tableau était protégé par une vitre, mais d’aucuns se sont indignés de cette attaque « contre-productive » de l’art au nom de motivations écologiques. Les soutiens, estiment, au contraire que le geste, « inoffensif », jugent-ils, a le mérite de faire parler d’un sujet sous-médiatisé.

La vraie question est : les actions extrêmes desservent-elles la cause qu’elles servent ou le contraire ? Le débat fait rage comme toujours dès qu’il y a polémique sur les réseaux sociaux. Mais qu’en pense la science ? Eh bien un chercheur a trouvé la réponse…

Avant d’évoquer ces résultats, quelques liens à consulter pour se faire une opinion… Je voulais savoir si le débat divisait les gens en fonction de leur opinions. J’ai donc interrogé l’intelligence artificielle de Flint pour trouver les bonnes sources afin d’avoir une vision équilibrée de ce débat. Bizarrement, les algorithmes n’ont pas trouvé de biais politique dans le traitement du sujet. C’est à dire que, à gauche comme à droite, en passant par les écologistes, le débat semble aussi partagé (mais ce n’est pas une étude, juste la prédiction de Flint qui prédit juste quel article va intéresser quelle catégorie d’opinion).

Vous pouvez trouver ici une présentation de l’association activiste par le quotidien régional l’Alsace, mais qui ne parle pas de son financement. Le site de la radio publique américaine est plus complet, mais en anglais.

Les arguments des « contre » :

Le chercheur François Gemenne, membre du GIEC (le bien connu groupement scientifique d’études sur le Climat), qui estime que c’est contre-productif :

Le problème est double. D’abord, ce type d’action choc va détourner une partie du public de la cause climatique. On va essentiellement parler à des convaincus qui vont s’enthousiasmer pour cette action d’un genre un peu nouveau et complètement disruptif. Mais à côté de ça, vous avez toute une partie de la population qui ne se reconnaît pas dans le mouvement climat, et ce type d’actions va les rebuter plus qu’autre chose.

L’écrivain Christian Salmon, auteur de « Storytelling. La machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits (La Découverte, 2007) », sur le site Slate estime que :

« Ce type de performances médiatiques, destinées à capter les attentions, reproduit les mêmes mécanismes de dévoration que les écologistes dénoncent quand il s’agit de ressources naturelles. Il produit des pics d’attention qui se succèdent et se dévorent entre eux, puis sont absorbés et victimes d’accoutumance. »

Le « docteur en épistémologie » Jean-Paul Oury (plutôt dans le camp de ceux qui tempère le catastrophisme climatique) s’emporte sur le site (de droite libérale) « Contrepoints » contre la moralisation de l’écologie :

Tout d’abord, alors que la science cherche à calibrer son objet et propose des actions définies et ciblées, les idéologues au contraire se vautrent dans la démesure. C’est ainsi que selon eux, on n’en fait jamais assez pour le climat, qu’il faut en faire toujours plus, qu’il faut agir plus vite et tout de suite maintenant, ou pour reprendre le fameux slogan de Greta « no more blah blah blah »… toutes ces locutions souffrent d’abstraction et forcément on peut y adjoindre n’importe quel type d’actions, les plus coûteuses, les moins efficaces, les plus pénibles, voire – c’est moins drôle – les plus violentes.

Enfin, une polémique a enflé sur l’origine des fonds du mouvement activiste. Des internautes ont transformé l’info en « l’association est financée par les producteurs d’huile de palme », rapporte le site 20 Minutes, qui explique que cette rumeur est fausse. Mais que les fonds proviennent de la petite-fille d’un magnat de l’industrie pétrolifère, qui n’en est que l’héritière. Cette dernière a d’ailleurs donné sa version des faits et expliqué son engagement au quotidien « The Gardian ».

Les arguments des « pour » :

Le quotidien Ouest-France cite l’adjoint écologiste à la mairie de Paris qui se dit choqué mais convaincu :

Cette action, elle est choquante. Moi-même, elle m’a choqué. Ma première réaction c’était : « qu’est-ce qu’elles font ? » Mais l’action est plus intéressante que ça. En vérité, ces deux militantes ont choisi un tableau protégé par une vitre, et le tableau n’a subi aucune dégradation. Et l’action fait parler du climat et de ce qu’on doit faire pour alerter le public.

Le chercheur en « géographie humaine » Oli Mould (et anti capitaliste) liste 3 arguments « pour » sur le site The Conversation :

1. Les musées et les galeries d’art ont longtemps été utilisés par les entreprises de combustibles fossiles à des fins d' »artwashing » pour « adoucir leurs pratiques d’entreprise très contraires à l’éthique ».

2. La lutte des classe et la lutte contre changement climatique, c’est la même chose.

3. « Si vous vous expliquez, vous perdez ». « Il y a un fond de vérité, mais la gravité de la catastrophe climatique ne nécessite aucune explication supplémentaire. »

Enfin, le site l’ADN, qui se veut neutre, mais sous-titre quand-même : « Rapport GIEC = 0, soupe à la tomate = 1″ et pour rappeler que le scandale a été plus efficace que le discours scientifique pour faire parler des menaces écologiques. L’ADN cite les contre (dont François Gemenne) mais aussi ceux qui s’en prennent aux médias, comme l’écrivain Matthiew Todd :

« Le changement climatique ne fait presque jamais la une des journaux ou des tendances dans le monde. Si vous êtes en colère contre l’action de #VanGogh, soyez en colère contre les médias qui maintiennent le public dans l’ignorance de ce qui nous attend tous. »

Mais qu’en dit la science ?

C’est là que c’est plus intéressant. Dans un article publié sur le site « The Conversation », le chercheur en psychologie cognitive Collin Davis a tenté de répondre à la question : « Est-ce qu’une action jugée immorale dessert la cause morale ? » Ses résultats démontrent le contraire.

Davis évoque tout d’abord ce qu’il appelle « le dilemme de l’activiste » :

« Les activistes doivent choisir entre des actions modérées qui sont largement ignorées et des actions plus extrêmes qui réussissent à attirer l’attention, mais qui peuvent aller à l’encontre de leurs objectifs car elles tendent à faire en sorte que les gens pensent moins des manifestants. »

Ses conclusions font réfléchir :

En fait, les manipulations expérimentales qui réduisaient le soutien aux manifestants n’avaient aucun impact sur le soutien aux revendications de ces derniers.

Nous avons reproduit ce résultat sur une série de types de manifestations non violentes, y compris des manifestations sur la justice raciale, le droit à l’avortement et le changement climatique, et sur des participants britanniques, américains et polonais (ce travail est en cours de préparation pour publication). Lorsque des membres du public disent : « Je suis d’accord avec votre cause, mais je n’aime pas vos méthodes », nous devons les prendre au mot.

Diminuer la mesure dans laquelle le public s’identifie à vous peut ne pas être utile pour construire un mouvement de masse. Mais les actions à forte publicité peuvent en fait être un moyen très efficace d’augmenter le recrutement, étant donné que relativement peu de gens deviennent des militants. L’existence d’un flanc radical semble également accroître le soutien aux factions plus modérées d’un mouvement social, en faisant apparaître ces factions comme moins radicales.

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