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Des droits neurologiques pour protéger nos cerveaux ?

Des droits neurologiques pour protéger nos cerveaux ?

En bref :

Les nouvelles technologies semblent n’avoir aucune limite. De nombreux projets impliquent désormais le cerveau humain et ses neurones. Elon Musk prévoit de développer une interface entre l’humain et la machine, Facebook a dévoilé en mars 2021 un prototype d’interface neuronale sous forme de bracelet… Face à ces innovations, le Chili est devenu le premier pays à légiférer sur les neurotechnologies afin de «protéger les cerveaux des citoyens chiliens». On imagine déjà une société à l’image de celle du film I, Robot, mais la science-fiction est-elle vraiment en train de rattraper la réalité ? 

💡 Pourquoi c’est intéressant ? Car à ce jour, rien ne permet de prouver que ces technologies fonctionnent sur un cerveau humain, ni même qu’elles fonctionneront un jour. Pour l’instant, elles ne font que transmettre les messages neurologiques délivrés par le cerveau au corps, ce qui rend sceptiques les experts et nourrit les débats.

Les faits : 

🤔 Avant tout, en quoi consistent les neurodroits ? 

– Les neurodroits désignent «le champ de recherche s’intéressant aux applications juridiques des neurosciences». 

– Cette notion a déjà été abordée en France par l’article 45 de la loi du 7 juillet 2011 relative à la bioéthique, qui fixe un cadre d’utilisation des techniques d’imageries cérébrales : «Les techniques d’imagerie cérébrale ne peuvent être employées qu’à des fins médicales ou de recherche scientifique, ou dans le cadre d’expertises judiciaires. Le consentement exprès de la personne doit être recueilli par écrit préalablement à la réalisation de l’examen, après qu’elle a été dûment informée de sa nature et de sa finalité. Le consentement mentionne la finalité de l’examen. Il est révocable sans forme et à tout moment. »

💾 Mais à quoi serviraient ces technologies ?

– Elon Musk, ingénieur, directeur général de Tesla et de SpaceX mais également co-fondateur de Neuralink, conçoit ces technologies comme un futur outil pour aider les personnes à retrouver l’ouïe, la vue et la parole. Des chercheurs de l’université de Berkeley ont mis au point un implant neuronal qui pourrait aider les malades atteints de Parkinson ou d’épilepsie. Rafael Yuste, expert en neurotechnologie et chercheur à l’université Columbia de New York, va plus loin en émettant l’hypothèse qu’un jour, ces innovations puissent soigner Alzheimer ou la schizophrénie. 

– Ces neurotechnologies peuvent également permettre à des personnes handicapées physiquement (paraplégiques, amputés,…) de retrouver une mobilité et des sensations.

🧠 Quels sont les dérives redoutées ?

– Mais Giudo Girardi, le sénateur chilien porteur du texte, estime que «si cette technologie peut lire (vos pensées) avant même que vous ne soyez conscients de ce que vous pensez, elle peut écrire dans votre cerveau des émotions, des pensées, des histoires de vie qui ne sont pas les vôtres et que votre cerveau ne sera pas capable de distinguer comme vôtres ou d’une pure création»

– Créer et transformer les pensées du cerveau est-il possible ? À en croire Rafael Yuste, des expériences ont déjà été menées sur des souris et des oiseaux, et ont conduit à implanter de nouvelles images et souvenirs dans leur cerveau. Et selon lui, en rentrant dans ces processus chimiques du cerveau, on peut «changer les décisions des gens».

– Le danger potentiel serait d’avoir dans un futur proche, des êtres humains «hybrides», dont les fonctions cognitives auront été augmentées par des algorithmes. Pour le chercheur espagnol, il est impératif de fixer un cadre législatif avant de se retrouver avec un déséquilibre entre ces humains augmentés et le reste.

– Un autre risque identifié serait celui du piratage de ces technologies, qui mettrait alors en péril l’intégrité des données cérébrales de l’utilisateur. 

🤔 Des risques vraiment réels ? 

– L’implant de Neuralink a été testé sur un singe, qui peut alors jouer à un jeu vidéo uniquement avec ses yeux, comme s’il s’agissait de télépathie. Mais comme le précise Claude Touzet, enseignant-chercheur en sciences cognitives, «La puce est implantée sur le cortex moteur et […] récupère une copie de la commande qui part en direction du poignet ou de la main.» Le point de départ est bien la pensée, celle de bouger la main, mais «on ne se situe pas au moment où naît la pensée, on se situe au moment de l’action motrice.»

– Pour Laurie Pycroft, chercheur en neurochirurgie à l’Université d’Oxford, même si le scénario de manipulation des esprits est effrayant, il est «à de nombreuses années du jour où il sera possible», mais il «démontre néanmoins pourquoi il est si important de répondre correctement aux enjeux de cybersécurité quand il s’agit de technologie qui peuvent directement affecter notre façon de penser». 

⚖️ Faut-il créer un cadre législatif ?

– Face au développement de technologies impliquant notamment des interfaces cerveau-machine (ICM), Rafael Yuste soumet la nécessité d’imposer rapidement des limites juridiques. Avis partagé par Giudo Girardi.

– Pour Marcello Ienca, spécialiste en neuro-éthique à l’université de Bâle et Roberto Anderno, avocat en libertés individuelles à l’université de Zurich, le développement des neurotechnologies soulève 4 défis juridiques, éthiques et sociaux : 

*le droit à la liberté cognitive : choisir ou non d’utiliser ces neurotechnologies

*le droit à la confidentialité mentale : soit l’élargissement du droit à la vie privée et la protection des données à l’activité cérébrale

*le droit à l’intégrité mentale : pour empêcher toute tentative invasive des technologies mettant en jeu une interface cerveau/machine

*et le droit à la continuité psychologique : la capacité pour un individu de conserver une identité personnelle sans modification par des tiers.  

– L’Université de Columbia a créé un nouveau centre de recherche, autour de ces droits nouvelle génération, The NeuroRights Initiative

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