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Les pièges du cerveau : l’appel à l’émotion

Les pièges du cerveau : l’appel à l’émotion

👉 Les émotions c’est bien, ça fait de nous des êtres humains. Mais tu savais qu’elles pouvaient elles aussi te piéger ? Je t’explique tout ça ⬇️

🧠 Face à une information, un discours, un exposé, il arrive que l’émetteur fasse intervenir des arguments ou mises en scène jouant sur les émotions (tristesse, peur, colère, culpabilité, mais aussi empathie, fierté, espoir), pour te convaincre. Ces émotions ne sont pas nécessairement trompeuses : elles participent au plaisir que tu as à écouter un conteur, regarder un film, lire un long reportage ou autre. Le seul problème, c’est qu’elles sont parfois utilisées pour te détourner d’une évaluation factuelle de la situation. On parle alors d’appel à l’émotion. Ce procédé rhétorique remonte au moins à l’Antiquité. Aristote, Sénèque et plus tard Pascal et Spinoza ont averti du pouvoir d’influence des émotions sur nos croyances. Depuis, ce biais d’émotion a été prouvé par plusieurs études, qui ont montré que tu adaptes tes croyances à tes émotions, car tu considères ces dernières comme des preuves. 

📕 Dans son Manuel d’autodéfense intellectuelle, Sophie Mazet prend l’exemple d’une vidéo de l’association Institut pour la justice (défenseur d’une approche sécuritaire de la justice française). Pendant 11 minutes, on y voit un père, en larmes, raconter en détail comment son enfant a été tué lors d’une agression, puis laisser entendre que le coupable ne sera pas condamné par la justice. Le clip est censé dénoncer le laxisme de la justice française, bien que l’agresseur ait été jugé et condamné à 15 ans de réclusion (peine maximale pour un mineur, 20 minutes). Si la douleur de ce père de famille est compréhensible, il n’est pas plus compétent qu’un autre en matière de droit pénal. Mais en jouant sur l’empathie dont nous sommes, nous autres humains, plutôt doués, son émotion peut te porter à te ranger derrière ses arguments sans étudier les faits. 

🤔 Que faire face à ce piège ? Rien qu’être conscient de ce biais (car nous y sommes tous confrontés) peut t’aider à t’en préserver. Désormais, tu sais que face à une situation ou information intense, il te faut veiller à ne pas te laisser submerger par l’émotion, quelle qu’elle soit, au risque de voir ton jugement altéré.

💡 Pour aller plus loin, cet article de Jérôme Rivat, professeur de philosophie, rappelle la nécessité de conserver une distance critique face à nos émotions, même si elles sont à l’origine de nos choix et actions. Une étude de Marion Ballet, chercheuse en sciences politiques, montre l’importance des émotions lors d’une campagne présidentielle. Et dans cet entretien, le psychologue David Sander explique comment les émotions participent à la circulation de fausses informations.