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À quoi servent les labels alimentaires ?

À quoi servent les labels alimentaires ?

En bref : 

En faisant tes courses, tu t’es peut-être déjà posé(e) la question : pourquoi y a-t-il des labels ? Que signifient-ils ? Quel type d’information sont-ils censés fournir ? Proposent-ils des garanties de qualité nutritionnelle ? Comme pour beaucoup de choses, tout n’est pas tout noir ou tout blanc. Les nuances et les polémiques autour du sujet rendent nécessaire de s’intéresser à ce qui se cache derrière ces étiquettes, pour comprendre les réalités variées qu’elles recouvrent. 

🗒️ Pourquoi c’est intéressant ? Face à la multiplication des labels alimentaires, difficile de bien savoir à quoi correspond chaque appellation. Les labels n’obéissent pourtant pas tous aux mêmes buts. 

Les faits : 

🏷️ Grabuge chez les labels

– En septembre 2020, l’association Alertes aux toxiques! révélait la présence de résidus de pesticides, potentiellement perturbateurs endocriniens ou cancérogènes, dans 22 bouteilles de vin et de champagne, labellisées Haute Valeur Environnementale (HVE). Valérie Murat, présidente de l’association, a alors qualifié ce label de «vaste escroquerie», dénonçant un écart entre «le marketing, les promesses et la réalité des pratiques professionnelles».

– Le 25 février 2021, Valérie Murat a été condamnée pour des propos jugés dénigrants envers les vins de Bordeaux, même si son signalement portait sur des enjeux reconnus de santé publique depuis quelques années. 

– Si les taux de concentration des perturbateurs endocriniens étaient tous «très largement inférieurs» aux seuils légaux fixés par le label HVE, pour Barbara Demeneix, biologiste du CNRS, «ce n’est pas la dose qui compte. Ce sont les mélanges, […] même de substances mesurées en dessous des seuils, qui sont dangereux.»

🚜 Les labels, indicateurs des méthodes de production ?

– Depuis 2011, le label HVE, délivré par des organismes certificateurs agréés et réglementé par le Ministère de l’agriculture, distingue notamment une agriculture «qui limite au maximum les intrants (phyto, engrais, énergie, aliments extérieurs, etc.)» À la différence des labels bio, l’utilisation de ces intrants n’est pas interdite dans les exploitations.

– Selon l’Office français de la biodiversité (OFB), la mention HVE dans les exploitations viticoles n’apporterait aucun bénéfice environnemental, notamment en raison de la souplesse de certains critères d’attribution. 

– En mars 2021, le site Basta et le quotidien allemand Tageszeitung publiaient une enquête à charge contre le label mondial Global G.A.P, censé garantir les bonnes pratiques agricoles. En réalité, ce label aurait été attribué à des exploitations françaises «violant les droits les plus élémentaires des travailleurs agricoles». 

🥦 Les labels, garanties de qualité nutritionnelle ? 

– La qualité des aliments est régulée par des règlements et directives européennes, des décrets nationaux et des codes d’usages pour certains produits spécifiques. 

– Certains labels sont reconnus à l’échelle européenne (AOP, OFG, Label Rouge, Agriculture Biologique, etc), d’autres seulement au niveau national. D’autres, enfin, ne sont pas reconnus légalement mais fournissent des informations utiles

– En 2019, le magazine 60 millions de consommateurs révélait, dans une étude réalisée sur 130 produits labellisés bio, les travers de l’industrie biologique et du label associé, faisant le plus souvent figure d’argument marketing plutôt qu’une garantie de la qualité du produit. 

💸 Les labels, outils marketing ? 

– Pour Olivier Andrault, responsable de l’UFC Que Choisir, un produit labellisé aura une meilleure reconnaissance marketing, ce qui présente un intérêt pour les petits producteurs. Cela amène une notoriété auprès des consommateurs qui s’observe directement sur la vente. 

– Pour les exploitants, le label HVE est gage d’une meilleure promotion du produit auprès des distributeurs et des consommateurs, et constitue une alternative au label biologique pour ces derniers. Une exploitation HVE peut bénéficier du crédit d’impôt d’un maximum de 2 500€ pour les années 2021 et 2022, au même titre que les exploitations biologiques. 

🔎 Les labels, compliqués à lire ? 

– Dans un rapport publié en 2020, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) signalait qu’en 2017, 27% des produits labellisés présentaient une anomalie : problème d’habilitation pour produire sous label, pratiques commerciales trompeuses, non-respect du cahier des charges ou encore difficulté de traçabilité.

– L’entreprise Siga, dont l’indice permet d’évaluer de manière scientifique le degré de transformation des aliments, propose des clés pour une meilleure lecture du paysage des labels.

– Par sa capacité à ne valoriser qu’un seul critère du produit, un label à lui seul ne suffit pas à évaluer la qualité globale d’un aliment. Combiné aux labels, le tableau des valeurs nutritionnelles donne davantage de précisions sur la valeur énergétique du produit. Le Nutri-Score (de A à E) permet d’identifier rapidement les aliments considérés comme sains nutritionnellement, même s’il est lui aussi sujet à débats. Enfin, des applications comme Yuka, Kwalito ou Alim’confiance, peuvent compléter ces informations.

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