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Sommes-nous vraiment fatigués d’information ?

Sommes-nous vraiment fatigués d’information ?

Les Français sont fatigués ! Cette phrase, on l’entend depuis des décennies (j’en avais déjà parlé ici) mais cette fois ils seraient aussi fatigués par l’info, selon une nouvelle étude publiée la semaine dernière. Le coupable ? « Le trop plein d’infos » ! Sauf qu’il y a toujours eu un trop plein d’infos. Je vous explique.

Les Français sont donc victimes de « fatigue informationnelle », c’est ce que révèle, en nuances, l’enquête qui vient d’être publiée par la fondation Jean-Jaurès.
Les résultats ne sont pas écrasants, mais 50% se disent épuisés et stressés par un « trop plein d’informations ».

Vous allez me dire : bah oui, c’est vrai, moi aussi je suis fatigué du trop plein d’informations, et c’est sans doute pour cela que vous vous intéressez à Flint.

Alors sommes-nous plus fatigués par l’info qu’avant ? Alors, oui, si l’on en croit Reuters, qui calcule régulièrement le nombre de personnes évitant l’information d’actualité depuis 2017. Mais il y a plusieurs facteurs expliquant cette tendance à l’évitement, comme par exemple le rejet de l’info anxyiogène ou la défiance. Des facteurs que l’on retrouve dans l’étude de la Fondation Jean Jaurès : « Ce retrait est motivé avant tout par des débats qu’ils jugent trop polémiques et agressifs (34%), le manque de fiabilité des informations (32%) et l’impact négatif sur leur humeur ou leur moral (31%) ». De plus, la fatigue informationnelle ne concerne pas que l’info d’actualité, elle concerne toute l’info à laquelle nous sommes confrontés : des nuages annonceurs d’orage que l’on voit pointer dans un ciel d’été, au dernier livre de tel intellectuel frustré, en passant par les conseils pour “mieux contrôler sa vie en trois points” sur TikTok et les nouvelles totalement déprimantes qui passent au journal télévisé

En réalité, ce sentiment de surcharge, nous l’avons toujours connu.


Dans Le phèdre de Platon, Socrate critique déjà l’écriture comme quelque chose qui nous fait perdre notre mémoire.

Pour Sénèque, l’abondance de livres « disperse ». Descartes, dans « Recherche de la vérité par la lumière naturelle », explique qu’on « passe plus de temps à choisir les livres qu’à les trouver… »

Avec l’invention de l’imprimerie par Gutenberg, on croyait avoir atteint des sommets dans le grand infini informationnel.

Au XVIIe siècle, Adrien Baillet se lamentait de « la multitude de livres qui s’accroît chaque jour d’une manière prodigieuse » et craignait que ce trop-plein « ne fasse tomber les siècles suivants dans un état aussi barbare que celui des siècles qui suivirent la chute de l’Empire romain ».

En 1751, dans son Encyclopédie (qui était aussi un livre de plus, haha), Diderot ne voyait pas trop comment l’humanité allait pouvoir gérer l’apocalypse cognitive qui s’annonçait…

“Tant que les siècles continueront à se dérouler, le nombre de livres augmentera continuellement, et l’on peut prédire qu’un temps viendra où il sera presque aussi difficile d’apprendre quoi que ce soit des livres que de l’étude directe de l’univers entier. Il sera presque aussi commode de chercher quelque part de vérité cachée dans la nature que de la trouver cachée dans une immense multitude de volumes reliés.”

En 1980, donc avant Internet, Edgard Morin parlait de « nuage informationnel » et déplorait ce paradoxe du trop d’info qui tue l’info.

En 1993, après l’arrivé d’Internet, le journaliste David Schenk parle cette fois de « brouillard » et prédit, comme Gérald Bronner en 2021, une apocalypse cognitive.

L’explication vient d’un paradoxe : notre cerveau ne sait pas traiter plus d’une information à la fois mais il a été programmé pour « adorer » l’information.

Or, des études récentes le montrent : la surcharge informationnelle freine la prise de décision. Face à des enjeux majeurs comme le réchauffement climatique ou des menaces en terme de santé publique, elle fait l’effet d’un gaz paralysant.

Certains l’ont d’ailleurs bien compris et en ont fait une arme : ils produisent en surnombre des informations qui ne servent à rien.

La question est de savoir si avec l’arrivée d’Internet on parviendra ou pas à trouver des parades ou s’il y a une limite à la gestion du trop plein.

A côté de la technologie (ce que propose Flint par exemple), nous devons également entrainer notre cerveau à gérer ce trop plein, en apprenant à déconnecter mais aussi par l’éducation.

Une étude montre par exemple que si le multitasking était négatif pour l’attention et la prise de décision. Des personnes éduquées au multi-tasking performaient mieux, à terme, que les autres.

Alors, oui, nous sommes fatigués depuis toujours, et nous créons toujours de nouvelles formes de fatigue pour remplacer celles que nous avons réglées. Mais ce n’est pas insurmontable. A condition de s’attaquer aux vrais problèmes. Ce n’est pas Internet ni le trop plein d’infos, mais la façon dont nous les consommons.

👉 Pour débattre de ce sujet et apporter vos informations, rejoignez les 1000 participants à la plateforme Discord de Flint en cliquant ici !

(Les images de cet article ont été générées par l’intelligence artificielle de Midjourney).

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