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L’esprit critique, entre compétences et dispositions

L’esprit critique, entre compétences et dispositions

Ce matin, on laisse la plume à @DrBaratin, didacticien (spécialiste des méthodes d’enseignement) et maître de conférence en sciences de l’éducation. Il tente de définir l’esprit critique de manière schématique, entre compétences et dispositions.


[Les mots de l’info] “Décroissance” : rêverie idéaliste ou nécessité économique ?

[Les mots de l’info] “Décroissance” : rêverie idéaliste ou nécessité économique ?

❓La décroissance est “un courant de pensée philosophique, politique, social et économique” qui doit nous amener à réfléchir “sur ce que sont vraiment nos besoins fondamentaux et sur la façon dont on peut y répondre de manière soutenable écologiquement et plus juste socialement”, selon Franceinfo. C’est à la fois une remise en cause d’un système économique et des indicateurs de progrès traditionnellement utilisés (notamment celui du Produit Intérieur Brut).

✅ Parmi ses défenseurs, le politologue Paul Ariès estime qu’“il n’est pas possible d’avoir une croissance infinie dans un monde fini”. Il voit en la décroissance un pas de côté et non un retour en arrière. Il l’oppose aux expressions de “développement durable” ou “croissance verte” car réconcilier écologie et économie est selon lui impossible. Pour d’autres, la décroissance pourrait aussi avoir un effet sur les inégalités, en permettant aux plus pauvres d’avoir accès à plus de biens et de services et à une plus grande stabilité de vie.

❌ Ses détracteurs soutiennent que la décroissance est synonyme de suppression d’emplois, donc d’une plus grande précarité. L’économiste Germain Belzile et le philosophe Gaspard Koenig voient même la croissance économique comme un atout pour la protection de l’environnement et la construction d’un monde plus juste.

🦋 Pour sortir de cette opposition difficilement réconciliable, l’ancien directeur de l’Office fédéral de l’environnement de Suisse Philippe Roch déclare important de sortir de “la logique du PIB” (comme seul indicateur). Il croit en une prospérité sans croissance, qui reposerait sur l’épanouissement de chacun, l’autonomie, l’acceptation sociale, la solidarité, le bien-être, l’équilibre et qui promouvrait des valeurs telles que la confiance, le plaisir d’aller au travail, la responsabilité, l’éthique.


Que penser du télétravail ?

Que penser du télétravail ?

🏠 Travailler depuis ton salon, un café ou un tiers-lieu, toute la semaine ou seulement quelques jours, est peut-être devenu ton habitude depuis plus d’un an. Si télétravailler a surtout permis à des millions de Français de poursuivre leur activité professionnelle en 2020 alors que le monde entier tournait au ralenti, qu’apporte-t-il aujourd’hui à la vie professionnelle ?

⚙️ Le télétravail peut agir sur la productivité des salariés. Si de nombreuses études concluent à une productivité accrue (de 13% à 23%), certaines envisagent aussi des effets pervers à long terme. De plus, seules les tâches administratives et répétitives seraient concernées par ce gain de productivité.

🧠 Concernant la santé mentale, le télétravail peut permettre aux salariés d’améliorer leur gestion du stress, de l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle et leur faculté de concentration. Mais plusieurs sondages de 2021 montrent que les télétravailleurs sont plus exposés à des états d’anxiété, de dépression ou de burn-out.

⚖️ Le télétravail peut constituer un levier pour l’emploi, en réglant la question de la distance entre le domicile et le travail, et être un outil d’inclusion notamment pour les personnes en situation de handicap. Mais il génère aussi des inégalités professionnelles, en favorisant les catégories les plus diplômées et les mieux rémunérées, et de genre, puisque les femmes peuvent moins s’isoler et s’occupent plus des enfants en télétravail que les hommes.

♻️ Enfin, le télétravail est-il bon pour l’environnement ? Certains estiment qu’il permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre, en réduisant le nombre de trajets et leur longueur. Mais avec les effets rebond (consommation énergétique du logement et flux vidéo accrus, nouveaux trajets et augmentation des déchets électroniques), les bénéfices environnementaux du télétravail peuvent être revus à la baisse, être nuls voire négatifs.


Les femmes françaises travaillent-elles gratuitement à partir du 3 novembre à 9h22 ?

Les femmes françaises travaillent-elles gratuitement à partir du 3 novembre à 9h22 ?

Le 3 novembre, la newsletter Les Glorieuses lançait sa campagne de sensibilisation annuelle sur les inégalités de salaires entre femmes et hommes. Elle affirmait que les femmes travaillent gratuitement depuis le 3 novembre à 9h22 et jusqu’à la fin de l’année 2021. En ligne, de nombreux internautes se sont inscrits en faux de cette affirmation. Le calcul des Glorieuses est-il juste ?

❌ Il est faux : une étude menée en 2018 dans 110 pays auprès de plus de 25 000 entreprises clientes du cabinet Korn Ferry montre que dans la même entreprise, à fonction et niveau équivalent, les écarts de salaires entre hommes et femmes ne dépassent pas les 2,7% en France, ce qu’on peut assimiler à la marge d’erreur.

✅ Il est juste : l’écart grimpe à 15 ou 20% aux postes de direction. Par ailleurs l’INSEE estimait en 2017 que les femmes salariées dans le secteur privé gagnaient en moyenne 16,8% de moins que les hommes pour un même volume de travail. En 2016, elle établissait à 6,8% l’écart de salaire inexplicable (autrement que par de la discrimination) entre femmes et hommes.

🧮 C’est compliqué : tous ces écarts dépendent des situations étudiées et des modes de calcul. En renversant l’opération, on constate par exemple qu’en 2017, les hommes employés dans le privé gagnaient en moyenne 20,1% de plus que les femmes à volume de travail égal.

📉 On peut, surtout, analyser tout un tas d’indicateurs qui influent sur le résultat final : la différence de salaires d’une entreprise à l’autre, d’un secteur à l’autre, le recours au temps partiel, celui au travail de nuit, les heures supplémentaires… On vous explique tout ça dans notre kit !


À quoi servent les sondages d’opinion ?

À quoi servent les sondages d’opinion ?

1️⃣ Des sondages d’opinion, pour quoi faire ? La loi française définit un sondage comme “une enquête statistique visant à donner une indication quantitative, à une date déterminée, des opinions, souhaits, attitudes ou comportements d’une population par l’interrogation d’un échantillon”. Contrôlés par la Commission des sondages, ils permettent de se situer dans une campagne électorale. Depuis 1981, leur nombre à l’approche d’une élection présidentielle ne cesse de croître, pour atteindre 563 avant le scrutin de 2017. 

2️⃣ Les critiques autour de ces sondages sont nombreuses. Ils serviraient à manipuler l’électorat en construisant des réalités politiques, il y aurait un manque de transparence concernant les méthodes utilisées pour les élaborer, et ils seraient de plus en plus au service des politiques en orientant leur campagne électorale. 

3️⃣ Mais pour leurs défenseurs, les sondages doivent être vus comme une photographie de l’opinion à un temps T, et non comme une projection absolue des résultats d’un scrutin. C’est l’usage qui en est fait par les médias, les institutions et l’opinion publique qui est remis en cause, jusqu’à interroger leur impact sur le bon fonctionnement de la démocratie. 


Comment définir l’esprit critique ?

Comment définir l’esprit critique ?

Ce matin, on laisse la parole au sceptique @Rewpparo, qui nous expose quelques pistes de réflexion autour de la définition de l’esprit critique.


Les mots de l’info : extrême-gauche, extrême-droite, quelle place dans le paysage médiatique ? (2/2)

Les mots de l’info : extrême-gauche, extrême-droite, quelle place dans le paysage médiatique ? (2/2)

Hier, nous discutions de qui sont les extrêmes, à droite comme à gauche. Aujourd’hui, il s’agit de se pencher sur ce qu’ils font ou ce qu’ils sont dans les médias :

1️⃣ Une re-définition du vocabulaire, car le flou est décidément de mise : des termes comme “droite dure”, opposée à une droite républicaine ou modérée, ou “libertaires” sont parfois détachés, dans leurs usages médiatiques, des réalités conceptuelles des sciences politiques.

2️⃣ Qui promeut les discours extrêmes : les politiques ? Les médias ? La société dans son ensemble ? La fenêtre d’Overton qualifie les concepts et les idées que la société accepte d’entendre discutées. Elle semble s’être ouverte vers l’extrême-droite, sous la pression conjuguée des politiques puis des couvertures médiatiques, mais cette idée reste débattue. 

3️⃣ Les extrêmes en ligne : si leurs audiences restent limitées, les courants d’extrême-droite ont développé une vraie maîtrise des usages numériques, que ce soit en créant des contenus drôles, jeunes, radicaux, ou en se faisant passer pour des sites d’information. Cette logique semble moins présente à gauche en France. 

4️⃣ Radicalisations connectées : amateurs de contenus clivants et violents, qui nous gardent “engagés”, les algorithmes des réseaux sociaux ont aussi leur rôle dans la radicalisation des discours et l’ambiance explosive des débats en ligne.


Pour ou contre les NFT ?

Pour ou contre les NFT ?

⛓️ Les jetons non-fongibles (NFT, non-fungible token) sont des objets numériques non interchangeables, des certificats d’authenticité d’oeuvres numériques, réputés quasiment inviolables car fonctionnant sur des blockchains. 

❌ Ils sont critiqués pour leur coût environnemental, leur caractère immatériel donc faillible, les usages immoraux qu’ils permettent (lorsque certains s’octroient la propriété des oeuvres des autres) et le vaste mouvement de spéculations qui les entourent. 

✅ Les NFT sont notamment bénéfiques pour les artistes, qui ont jusque-là eu beaucoup de mal à faire valoir leurs droits d’auteur en ligne, où la culture de la gratuité, de la reproduction et du remix sont très répandus. Ils séduisent beaucoup d’adeptes de la décentralisation puisqu’ils peuvent s’échanger de pair à pair. 


Faut-il légaliser l’euthanasie ?

Faut-il légaliser l’euthanasie ?

Le 28 septembre, Line Renaud, marraine de l’association pour le droit à mourir dans la dignité a défendu l’euthanasie (ADMD) à l’Assemblée nationale, en qualifiant…


Comment réguler la reconnaissance faciale ?

Comment réguler la reconnaissance faciale ?

Les débats font rage autour de la reconnaissance faciale. L’intérêt que lui portent les forces de police à travers le monde suscite des inquiétudes, notamment à cause des risques d’erreurs et de discriminations. Mais quelles sont les principales pistes de régulation envisagées ?

> L’ONU milite pour un moratoire qui interdirait la reconnaissance faciale en attendant que des règles soient fixées.

> La Commission européenne envisage d’inclure l’usage policier dans les exceptions permettant d’utiliser la reconnaissance faciale.

> La Chine veut limiter l’usage de la reconnaissance faciale à l’identification des personnes et oblige que les données biométriques collectées sur son territoire soient stockées sur place.

> Aux États-Unis, une proposition de loi fédérale a été déposée mi-2020, mais est pour le moment restée lettre morte. Des villes et des États ont en revanche pris leurs propres mesures pour contrôler voire interdire la reconnaissance faciale.